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2 novembre 2013

Anansi Boys - Neil Gaiman

 

 

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Date de sortie:

septembre 2005

Pourquoi ce livre ?

Vous le savez depuis la chronique sur Neverwhere, Neil Gaiman fait maintenant partie de mes auteurs favoris -ou, au minimum, des auteurs que je surveille de très près.

Il y a un an environ, c'est donc avec enthousiasme que je me suis mise à lire American Gods, encensé par la critique et lauréat du prix Hugo.

Et là, stupeur : je retrouvai bien la patte de Neil Gaiman, mais tout me semblait tellement plus noir, plus glauque et plus vulgaire que j'en suis restée sur le...derrière, oui nous sommes sur un respectable blog de critiques littéraires alors je chatie mon language. N'ayant pas besoin de me déprimer encore plus, j'ai donc renoncé au tiers du livre et suis allée le rapporter, pensant lui donner une deuxième chance plus tard, à un autre moment, quand j'aurai en moi assez de réserve de guimauve, d'arc-en-ciel et de petits poneys pour affronter le côté sordide du bouquin.

Je suis récemment tombée sur Anansi Boys, qui avait le double avantage 1)de ne pas avoir été lu par moi 2)de se dérouler dans le même univers qu'American Gods, c'est à dire dans notre monde, où se baladent incognito les dieux des temps anciens et modernes.

Quoi de mieux pour me redonner envie de lire American Gods ?

Le résumé:"Si on devait définir Anansi Boys, ce serait une épopée magico-horrifico thrillo-fantastico familiale, même si cela exclut son côté polar et tout son aspect culinaire. Bref, c'est un livre de moi. Et je me suis vraiment amusé en l'écrivant. " Neil Gaiman.
Le père de Gros Charlie n'était pas ordinaire : il était Anansi, le Dieu Araignée, l'esprit de rébellion, un dieu filou capable de renverser l'ordre social, de créer une fortune à partir de rien et de défier le diable... Un héritage bien encombrant ! Une mythologie moderne où l'on trouve une sombre prophétie, des désordres familiaux, des déceptions mystiques, et des oiseaux tueur. Sans oublier un citron vert.

Le scenario

Original, un peu chaotique et la magie permet des raccourcis scénaristiques incroyables : mais rien qui ne nuise à l'intrigue.Tout événement a sa place et a été soigneusement pensé.

Les personnages

Anansi Boys prend place dans l'univers décrit précedemment dans American Gods : notre monde, malgré les technologies, est peuplé de dieux, certains vieux comme le monde et d'autres nés des nouvelles croyances. Ici, ce sont les contes africains qui sont à l'honneur. Anansi, le dieu araignée, est en quelque sorte le pendant de Coyote chez les indiens : chanceux, roublard, malicieux et adorant faire les choses au dépend des autres. Le livre suit Charles, dit Gros Charlie, fils d'Anansi et complètement ignorant du statut divin de son père, jusqu'au jour où il apprend la mort de celui-ci...

N'y allons pas par quatre chemins : les personnages de Neil Gaiman sont forcément tous bons. En recourant à très peu de description, il arrive à les définir chacun par leurs actes, leurs pensées, leurs paroles. Que ce soit le patron de Charles, Rosie sa jeune fiancée, les trois mamies rebouteuses tout droit sorties du bayou ou une ex-starlette de la télévision, tous les personnages secondaires ont une véritable présence et participent à l'intrigue.

Le style/l'auteur

Neil Gaiman a une sacrée dose de talent. Celui de pondre des histoires à nulle autre pareilles. C'est un conteur né. Celui de manier l'humour avec un petit peu plus de folie que les Anglais et un petit peu plus de flegme que les Americains.

Gaiman arrive à meler habilement des situations quotidiennes au récit de légendes. Lorsqu'il en vient aux légendes justement, cette façon merveilleuse et à la fois très primale de raconter, pleine de symboles, est proche de la tradition orale. Quand je lis la visite spirituelle de Charles avec les anciens dieux, j'ai l'impression d'écouter un vieux conteur africain. Même si, je l'avoue, je n'ai pas beaucoup l'habitude des vieux conteurs africains....Gaiman célèbre à sa manière le pouvoir des mots, le pouvoir du chant, et donc il est légitime de penser qu'il rend hommage à ces très anciennes traditions à travers son livre.

J'ai donc retrouvé, en beaucoup plus puissant et adapté à la mythologie africaine/caribéenne, ce qui faisait déjà la bizarrerie de certains passages de Neverwhere (que je tairais pour ne pas spoiler).

Sans oublier, bien évidemment, une bonne dose d'humour.

Bref

Du pur Gaiman. M'a réconcilié avec l'univers d'American Gods. Je considère donc que ce livre comme une vraie réussite, surtout au vu du thème : autant je m'y retrouve en mythologies égyptienne, grecque, romaine, celtique et arthurienne, voire même amérindienne....autant en mythologie ouest africaine, je n'y connais que pouic. Notez également que je suis arachnophobe, mais ça ne m'a pas empêchée d'avoir beaucoup de sympathie pour les rejetons d'Anansi (sacré Gaiman!)

Note

17/20

 

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1 novembre 2013

Ileana I, Exil en pays humain - Isabelle Meyer

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Date de sortie: 2008

Pourquoi ce livre?

Avant tout parce que la couverture est illustrée par une dessinatrice que j'aime beaucoup et à qui l'on doit la BD "Nanami" : Nauriel.

D'une autre part, parce que ça parle de fées, ce qui me change un peu de mes habituels magiciens et dragons.
Le thême des fées, ou des faes a déja commençé à se faire une place dans la litterature, particulierement dans le milieu de la bit lit où il essaie de sortir du lot des vampires et loups garous, mais malheureusement il est teinté d'un côté sexuel trés marqué, ce que je savais ne pas retrouver dans ce livre pour les dix ans et plus. 

Le résumé (site officiel

Afin d'échapper à la horde armée qui a détruit sa cité et enlevé ses parents, Ileana, une jeune fée, cherche refuge dans le monde des humains, où elle se fait passer pour une adolescente comme les autres.
Le retour dans son pays s'avérant plus difficile que prévu, elle devra compter sur l'aide de Claire et Benoît, ses amis du foyer, et sur celle d'un vieux libraire qui semble en savoir long sur le monde d'où elle vient...

Le scenario

L'histoire commence dans le vif du sujet et l'héroïne est jeté plus ou moins de force à travers un portail. Au cours de ce début on apprend doucement qui elle est et pourquoi elle est là (ce qui est trés agréable aprés "les chevaliers d'emeraude"...). Le rythme est ensuite changeant, on a des moments d'actions, puis des trous, et le passage du temps est de même fluctuant, faisant parfois des ellypses de plusieurs semaines, mais ce n'est pas trés gênant dans le fait que ça représente bien la vie de Illeana au foyer. La réflexion sur son problème est assez bien menée même si elle est lente vers le début et on a même droit en bonus à une histoire d'amour naissante. 
Je n'ai donc rien à dire sur le scenario qui est maitrisé, avec des informations distillées petit à petit et de l'action qui laisse une belle part aux sentiments d'amitié et d'amour. 

Les personnages

On pourrait tiquer un peu sur Ileana car elle est un peu trop parfaite, mais est ce le facteur fée? Est ce le fait que ça ne paraisse pas avec arrogance dans le texte comme avec "Tara Duncan"? Mais c'est trés bien passé avec moi. Néanmoins je regrette un peu l'abondance de pouvoir dont l'auteur a doté ses fées, certains dons n'étaient pas nécessaire à l'histoire. 
Passons aux autres personnages: trois sont bien détaillés, les autres, généralement les adultes, sont gentiment esquissés. Je trouve que ceux qui sont décrits, à savoir les jumeaux et Stan, le sont avec finesse et intelligence, même si les deux garçons ont parfois un comportement un peu caricatural, on peut mettre ça sur le compte de leurs âges.
Mon personnage préféré est probablement Claire, la jumelle de Benoït, douce, responsable et sensible, qui semble assumé le rôle de voix de la raison dans sa fratrie, ce qui n'est pas toujours sans peine avec son frère. Mais on sent qu'il y a derriere une peur horrible d'être abandonnée par les gens qu'elle aime. 

Le style/L'auteur

Ah quelle bouffée d'air pur aprés "les Chevaliers d'Emeraude" ! (Moi je le dis, les écrivains ne sont VRAIMENT PAS reconnu à leurs vraies valeurs...), un style sans lourdeur, joyeux et fluide comme je les aime, avec un bon équilibre entre description, action et sentiments. 

Le vocabulaire est riche et certains termes peuvent être difficile à comprendre ou à lire, c'est pourquoi je conseillerais ce livre à partir du collège ou avant dans le cas d'un enfant bien éveillé et habitué à lire. Et comme le livre n'est pas un gros pavé (sans être pour autant un fascicule), je pense qu'il peut être une bonne lecture pour un adolescent qui n'est pas habitué à lire. 

Le mot de la fin

Une bonne découverte, une couverture splendide (on dira ce qu'on veut, ça rajoute au confort de lecture!) et une nouvelle série à suivre, donc.

Note: 14,5/20 (bon livre, manque juste une pointe de transcendance pour se hisser plus haut et une Ileana moins parfaite.) 

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