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15 février 2014

Dans le Jardin d'Iden - Kage Baker

 

Iden

 

Date de sortie : 2004

Pourquoi ce livre ?  Tout d'abord pour son originalité de ton. Lorsque j'ai eu 13-14 ans, biberonnée à Lanfeust, j'ai éprouvé l'envie de sortir des sentiers battus de la SF/fantasy. Suite à une critique publiée dans, justement, le Journal de Lanfeust, « Le jardin d'Iden » a fait parti des premiers heureux élus de cette quête littéraire prometteuse.

 Soyons francs : ce magazine (et par extension les éditions Soleil) propose rarement des BD excentriques ou innovantes, se contentant de rester dans la ligne de la fantasy moyenne mais traitée de façon efficace et professionnelle. En revanche, leurs pages consacrées à la critique littéraire ne m'ont jamais déçues et je les considérais jusqu'à recemment comme une très bonne référence pour dénicher des perles rares. Jasper Fforde ? Ils en ont parlé en temps et heure. Kage Baker ? Pareil. Je ne serai pas surprise qu'ils aient également chroniqué Scott Lynch dès le premier tome des aventures de Locke Lamora.

 Bref, autant leurs Bds me paraissent honnêtes sans être transcendantes (réaction de vieille? Signe de maturité ? Serai-je enfin sortie de l'adolescence ?), autant leurs articles littéraires sont des avis précieux qui se révélent souvent justes.

 

Le résumé:

XXIVe siècle. Une compagnie toute-puissante, Dr. Zeus, Inc., a découvert le voyage dans le temps. Son but : envoyer des agents immortels dans le passé à la recherche d'espèces vivantes disparues et d'un patrimoine culturel anéanti au cours des siècles. Mendoza est un de ces agents. Recrutée au XVIe siècle dans les donjons de l'Inquisition, elle montre très vite des capacités étonnantes en botanique. Sa première mission l'envoie en Angleterre, en 1554, période agitée qui voit Marie Tudor accéder au trône. Mendoza doit sauver une variété de houx (disparue cent ans plus tard) dans le jardin d'un certain William Iden. En compagnie d'autres agents "infiltrés", elle fait preuve d'une passion exclusive pour son travail. Malgré sa misanthropie notoire, elle s'attache pourtant à un mortel, un jeune hérétique idéaliste et fougueux. La période, hélas, ne se prête pas à une telle relation et Mendoza est tenue de taire sa véritable identité... Dans le jardin d'Iden mêle science-fiction et réalisme historique avec un style dynamique et un sens de l'humour ébouriffant. Voyage dans le temps, aventures historiques, passion romanesque, voici le premier récit d'une série d'aventures où l'on retrouvera Mendoza et ses collègues immortels. Une bonheur de lecture totalement jubilatoire !

 

Le scenario : Parfois je me demande s'il est vraiment judicieux de vouloir juger ainsi un livre à travers son scénario. De très bons livres ont une trame aussi épaisse qu'une feuille de papier cigarette, et le contraire existe aussi...

 C'est un élément important certes, voire primordial, mais est-ce vraiment indicatif ? Est ce vraiment utile ?

 Tout ça pour dire que je voulais écrire au sujet du jardin d'Iden ce que j'ai déjà dit pout 99% des autres chroniques écrites jusqu'à ce jour : « le scénario est pas mal, pas forcément très tarabiscoté, pas ultra simpliste non plus, bref voilà ça tient la route et ça permet à l'auteur de développer ses personnages ». Soit c'est moi qui ai du mal à me renouveler, soit en vérité il n'y pas grand chose à expliciter sur un scénario, si ce n'est de lire le livre directement.

 Rah, quelle magnifique critique littéraire je suis, vraiment :)

 Il faudrait juger le scénario à l'échelle globale de la série, et donc lire tous les tomes...tâche plutot difficile car seuls les deux premiers ont été traduits à ce jour.

 

Les personnages : En vérité, ce sont bel et bien les personnages qui sont à l'honneur dans ce premier tome. Il s'agit d'abord de se familiariser avec Mendoza et son mentor, ainsi qu'avec le fonctionnement de la Compagnie. Le scénario du premier tome est sans doute insignifiant en regard du « grand scénario » que l'auteur prévoit sans doute de déployer tout au long de sa série « La Compagnie ».

 L'héroine, c'est Mendoza. Une rousse espagnole, sauvée des donjons de l'Inquisition au XVIe siècle pour devenir une voyageuse du temps, spécialisée dans la botanique et l'Angleterre elisabéthaine, son corps modifié comme celui d'une... cyborg. Vous comprenez ce que je voulais dire en parlant d'originalité et de mélange des styles ?

 En dehors de Mendoza, il n'y a guère que deux autres personnages réellement importants. Trois, si l'on compte la Compagnie comme une entité presque humaine, ce qui est à mon avis l'impression voulue par l'auteure.

 On découvre finalement très peu de choses sur la Compagnie dans ce premier tome. Tout au plus comprend-t-on que sur des critères flous, certaines personnes sont choisies à certains époques, ces élus étant destinés à suivre leur formation (endoctrinement?) pour mener à bien les objectifs de la Compagnie. Ce manque d'information est à la fois frustrant, mais vraisemblablement voulu. Ainsi, il est plus facile de comprendre les sentiments de Mendoza, sa découverte du terrain lors de sa première véritable mission. Mendoza n'est à aucun moment chiante, MarySuesque ou banale. Tout au plus peut-on s'étonner de son apparent détachement par rapport à sa mission (personnellement, j'aurais été à deux doigts d'hyperventiler d'excitation à l'idée de voyager dans le temps). Le fin du livre n'en est que plus percutante : on assiste au réveil de Mendoza, à sa prise de conscience, et elle bascule tout à fait du coté de l'individu qui pense, agit et ressent plutot que de la simple « entité » envoyée sur ordre de la Compagnie (entitée pourtant douée d'une intelligence redoutable, ne me faites pas dire que Mendoza était au départ une oie écervelée!)

 

Le style/l'auteur : Style agréable, pas trop surchargé. On évite les longues descriptions, travers le plus courant de la fantasy et de la SF. L'humour portant plus sur l'ironie (le temps est exploité exactement l'espace : on ne prend pas ses vacances à Marrakech en 2013, mais dans l'Amérique amérindienne du XIVe!) que sur le comique de situation.

 

Bref : Au final, une œuvre assez atypique dans le paysage de la SF. Le voyage dans le temps est un sujet cliché, c'est la façon dont il est traité qui en fait toute la saveur, même si un tome ne suffit absolument pas pour statuer sur les limites du talent de Kage Baker (qui sont à mon avis largement au dessus de la moyenne).

 Le tome 2 de la série, « Coyote Céleste », se focalise sur le mentor de Mendoza, et si je l'ai un peu moins bien aimé, c'est plus à cause de la période choisie que de la narration, qui m'a parue plus portée sur l'ironie, tout à fait en accord avec ce personnage.

 Le 3eme tome n'a malheureusement pas été traduit en français (à ma connaissance), pourtant il est paru il y a treize ans maintenant !

 

Note : 18/20

 

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15 février 2014

L'Age de Déraison - J. Gregory Keyes - Tome 1 : Les Démons du Roi Soleil - Tome 2 : L'Algèbre des Anges

Allez hop, une petite chronique très en retard (pardon pour mon absence sur ce blog...j'ai plein de livres en stock, promis!) en attendant de rédiger mon propre commentaire sur Complètement crâmé! (cf critique de Mkat).

Aujourd'hui au menu, les deux premiers tomes de la quadrilogie L'Age de Déraison :

tome 1 b

tome 2

tome 3

tome 4

 

 

Date de sortie:

2007

 

Pourquoi ce livre ?

J'aime le XVIIIè siècle et les mecs en bas, jackettes et chaussures à boucles. J'aime l'irrationalité de la fantasy et la rigueur des sciences et les arts et la profusion d'idées nouvelles de cette époque. D'autres questions ?

 

Le résumé:

1681 : Isaac Newton, dont le génie s'est tourné vers l'alchimie, découvre le mercure philiosophal, qui permet de manipuler les éléments à travers l'éther. Du coup, en 1720, la guerre entre la France de Louis XIV, dont la vie ne s'est pas arrêtée en 1715, et l'Angleterre de George Ier va s'en trouver changée, les membres de l'Académie des sciences et de la Royal Society rivalisant pour donner à leurs pays des armes toujours plus performantes. Parmi elles, le mystérieux « canon de Newton », qu'un ancien élève de l'alchimiste anglais passé au service de la France est en train de mettre au point. Afin d'empêcher la catastrophe que ses propres recherches ont rendue possible, le jeune Benjamin Franklin, alors apprenti imprimeur éperdu d'admiration pour Newton, quitte Boston pour Londres. Aidé sur place par les élèves du maître alchimiste, et en France — mais sans le savoir — par l'ancienne secrétaire de Mme de Maintenon et un garde des Cent-Suisses, il lui faudra affronter d'imprévisibles ennemis : non seulement des individus sans scrupules mais aussi des créatures qui manipulent les hommes depuis cet éther même que ceux-ci croyaient manipuler...

     Un roman historique décalé peuplé de personnages mythiques, un wargames en costumes que l'on croirait sorti de la collaboration de Mark Twain et d'Alexandre Dumas.

 

Le scenario

Comme dans tout roman ambitieux se déroulant dans un monde riche (ici, l'Europe et les colonies américaines), nous suivons plusieurs histoires parallèles, chacune centrée sur un protagoniste en particulier. La narration reste en revanche à la 3eme personne.

 

Les personnages

Je n'ai pas eu de réel coup de cœur pour aucun des personnages du premier tome. Sans doute parce que l'intrigue prime avant tout, et qu'on sent bien que le plus interessant est à venir : comment vont-ils réagir aux évenements qui vont faire basculer le monde dans le chaos (et de fait définitivement éloigner le livre du genre « roman historique » pour débouler avec fracas, drame et panache dans la catégorie « fantastique ») ?

 

D'autre part, chaque personnage est un archétype (la courtisane, le scientifique, l'apprenti, le littéraire, le musicien, le rabbin, l'indien, le pasteur anglican, le mathematicien, la femme mortellement dangereuse qui s'habille en homme et passe son temps à être totalement badass), ce qui empeche certes de creuser leur psychologie et de les faire exister en tant que personne, mais permet de gagner en lisibilité, de décrire tout un panel de réactions possibles face à l'alchimie et aux Anges (dictées par la condition, le profit personnel, les croyances) et de planter le décor pour le deuxième tome, où la narration s'attaque réellement aux destinées de tous ces personnages. Ainsi dans l'Algèbre des Anges, je me suis beaucoup plus attachée à Benjamin (Franklin) et ….euh, à l'indien dont j'ai oublié le nom mais que j'aimais bien. Et puis l'action s'ouvre à Prague, ce qui est me caresser dans le sens du poil.

Deuxièmement (allez, comme dans nos copies de philo au lycée!), faire agir et parler des grands noms de cette époque et les faire se croiser (Newton, Franklin, Voltaire...) est un plaisir coupable que ces romans s'empressent d'exaucer.

Enfin, c'est aussi un voyage à travers les villes joyaux de cette époque : Versailles, Londres, Prague, Venise....

 

Le style/l'auteur

Correct sans plus. Les passages les plus diffiles sont ceux des fameux « anges » et des évenements particuliers qu'ils engendrent. A la fin du deuxième tome, je n'arrive toujours pas à me les représenter d'une façon précise....ce qui ajoute à leur mystère. Les situations decrites, sans être sanglantes ou inutilement dures, ne sont pourtant pas complaisantes et sans doute plutot proches de la réalité (les compagnies de brigands de grand chemin sont bien loin de Cartouche!)

 

Bref

La lecture recente du 2e tome (suivant celle du premier tome de près de...6 ans, comme vous le voyez je ne suis pas du tout pressée de finir mes trilogies/quadrilogies) m'a donné envie de lire la suite. C'est un bon signe, comme qui dirait.

Je pense qu'il était necessaire que quelqu'un écrive sur cette période à la fois pleine de mysticisme, de raffinement et de clairvoyance pour en faire une uchronie. L'algèbre des anges est un pari réussi, mais qui manque peut etre d'une touche de je ne sais quoi de fantaisie pour en faire réellement un de mes incontournables. Toutefois, pas de jugement hatif : je vous dirai ce qu'il en est à la fin du 3eme tome !

 

Note

 

16/20

 

 

7 janvier 2014

Complètement cramé! - Gilles Legardinier

completement craméDate de sortie: septembre 2013 [NOUVEAUTE]

Pourquoi ce livre? 

C'est le cadeau de noël de ma grand-mère. Je ne vais pas chercher loin pourquoi elle a choisit ce livre pour moi, il y a un chat sur la couverture. Personnellement, j'avais déjà entendu parler de Gilles Legardinier car son avant dernier livre "Demain j'arrête" avait eu son petit succès. Mais je ne l'avais pas lu parce que plus une chose semble avoir du succès, moins ça m'interesse... J'ai l'esprit de contradiction apposé sur les phénomènes de mode. D'ailleurs je lisais très bien "Le trône de Fer" de GRR Martin jusqu'à ce que tout le monde se mette à en parler et à ne jurer que par ça.

Quoiqu'il en soit, en ouvrant ce livre je savais quand même que je ne serais pas déçue.

Le résumé

 Arrivé à un âge où presque tous ceux qu’il aimait sont loin ou disparus, Andrew Blake n’a même plus le cœur à orchestrer ses blagues légendaires avec son vieux complice, Richard. Sur un coup de tête, il décide de quitter la direction de sa petite entreprise anglaise pour se faire engager comme majordome en France, pays où il avait rencontré sa femme. Là-bas, personne ne sait qui il est vraiment, et cela lui va très bien. 
Mais en débarquant au domaine de Beauvillier, rien ne se passe comme prévu… Entre Nathalie, sa patronne veuve aux étranges emplois du temps ; Odile, la cuisinière et son caractère aussi explosif que ses petits secrets ; Manon, jeune femme de ménage perdue ; Philippe, le régisseur bien frappé qui vit au fond du parc, et même l’impressionnant Méphisto, Andrew ne va plus avoir le choix. Lui qui croyait sa vie derrière lui va être obligé de tout recommencer…

Le scénario

Un scénario globalement simple avec des choses qu'on voit venir à des kilomètres, des réactions, des dialogues et des personnages doucement irréalistes. Ca a l'air mauvais dit comme ça, mais en réalité c'est plutôt bon. Le livre assume du début jusqu'à la fin de se passer comme dans un monde parallèle, celui des téléfilms de noël ou des dessins animés, pleins de bons sentiments, mais aussi du déjanté. 
Et j'adore les téléfilms de noël et les dessins animés. 

Les personnages

Ils sont peu nombreux, du fait qu'ils vivent presque en huis clos, mais ont chacun leurs traits bien établis, souvent forci. Le plus difficile à cerner est sans doute le personnage principal qu'on voit au début comme un vieux ronchon sarcastique qui ne rit qu'avec son ami, puis qui s'adoucit et se met à avoir parfois l'éxubérance d'un adolescent. En tout cas, ils sont tous très attachants.

Le style/L'auteur

Il a dû s'amuser en écrivant cela, en tout cas il émane de son écriture légère et vive une certaine joie contagieuse. C'est bien écrit, très drôle, coloré, il m'est arrivé de sauter par deux fois quelques lignes car ça s'éternisait un peu mais je mets ça sur le compte du fait qu'il était presque 4H du matin. La marque du bon livre, c'est celui qu'on arrive pas à quitter, même si on est fatigué! 

Le mot de la fin

Comme dit plus haut, je l'avais commencé pour avoir des idées plus joyeuses car en ce moment j'ai quelques sujets de déprime, mais finalement je n'ai pas pût le lâcher, il fallait que je sache la fin. Il fallait que j'arrive jusqu'à l'happy end, car il ne pouvait y avoir qu'une happy end. Toute autre tentative de fin aurait massacré le reste du livre. C'est un livre amusant, doux, jouissif aussi parfois, une ouverture sur un monde plus coloré que le notre et sans ses froides réalités. 

Ecrit gros, j'ai mis 5H à le lire, donc une petite parenthèse très agréable. 

Note: 18/20 (parce que néanmoins certaines situations étaient vraiment trop ubuesque) 

28 décembre 2013

Mercy Thompson, tome 7: La morsure de givre - Patricia Briggs

mercy-thompson-7-morsure-du-givre-patricia-briggsDate de sortie: Septembre 2013 [NOUVEAUTE]

Pourquoi ce livre?

Haha, je suis fan de la série de Mercy Thompson depuis le début... Depuis cette periode qui en fait n'est pas si lointaine de ça où les éditeurs ont commençé à sortir ces petits livres de poches d'urban fantasy qu'on appelle maintenant plus bit-lit, surfant sur la vague vampires et monstres de la série Twillight. 
A l'époque j'avais flashé sur la couverture du premier tome, bleu sombre, avec cette brune au milieu et ses tatouages sur les bras. En lisant j'ai été charmé par la personnalité de l'héroine, et disons le caremment, fantasmé sur Adam, le loup garou alpha qui vit face à elle.
J'aimais aussi qu'elle soit sa propre créature, et par là même son propre maitre. Pas un vampire, pas un loup garou. 

Du coup, vous imaginez, alors que j'étais persuadé que le tome 6 cloturait la série, voila que je tombe en faisant mes courses de noël sur le tome 7! 
Ni une ni deux, je l'ai rajouté à ma déja trop grande pile de livres (je vous raconte pas la torture quand j'ai fait la queue à La FNAC. Ca pèse des tonnes...).

Le résumé

Pour Mercy Thompson, mariée depuis peu à Adam Hauptman, charismatique Alpha de la meute locale, ç’aurait dû être un Thanksgiving paisible en famille. Elle était loin d’imaginer que faire du shopping avec sa belle-fille Jesse risquait de virer au cauchemar. Et pourtant, lorsqu’elle ne parvient pas à joindre Adam par téléphone, ni aucun membre de la meute, la jeune femme sait que ceux qu’elle aime courent un grave danger. Aidée par des alliés improbables, Mercy va devoir une fois de plus voler au secours des siens.

 

Le scénario

Je vais être franche, l'auteur aurait peut être dû arrêter au tome précédent avec la révélation sur les origines de Mercy. Ce n'est pas que je n'ai pas aimé le livre, j'ai retrouvé Mercy, Adam et toute la meute avec grand plaisir, mais le scénario est... je ne dirais pas prétextuel car ça n'amène à rien, et en fait ça, c'est un soucis: on n'apprend RIEN de nouveau, à moins que l'auteur veuille nous emmener par la suite sur une pente un peu glissante, ce qui pourrais être, ou pas.
Et l'autre soucis c'est que certaines actions sont un peu tirées par les cheveux. Je pense notamment à un certain transfert d'argent par voie "subliminale" si on peut dire (pratique les liens de couple, on peut tout faire avec: la cuisine, le repassage, du babysitting....) une réutilisation de magie fae inutile elle aussi, un mercenaire fae disparut dans la nature à la fin du livre et enfin un combat final qui laisse perplexe.
A la fin on se dit: tout ça pour CA ?!?! 
Vous l'aurez compris, le scénario n'est pas vraiment le point fort de ce tome.

Les personnages

Ils n'ont guère changé depuis la dernière fois, et je pense que c'est tout de même une bonne chose dans une série. Ce tome nous permet de faire un peu plus connaissance avec l'un des loups d'Adam: Ben, on en apprend plus aussi sur le fils de Zee: Tad, et Mme Briggs profite de ce volume pour faire un lien avec son autre série se passant dans le même univers, puisqu'en guest nous avons Asil de Alpha&Omega (ainsi qu'un tas de référence à cette série d'ailleurs), un personnage que j'ai trouvé trés sympathique et qui m'aura donné envie d'en savoir plus sur lui.
Puis du côté vampire, puisque ce tome est trés varié question race, nous approfondissons nos connaissances sur cette "chère" Marsillia et plus étonnant, sur son vampire fou Wulfe. Et puis nous avons un petit nouveau lui aussi trés agréable: Hao. 

Par contre le "méchant" a un charisme 0. 

Le style/L'auteur

Eux aussi n'ont pas changé et c'est toujours, avec les personnages, les bons points de Mercy Thompson. Style clair, fluide, ton humoristique par les pensées de son héroïne. 

Le mot de la fin

L'auteur a voulu être trop ambitieuse question scénario et à mon avis, s'est vautrée. Ca arrive, on peut pas tapper bon à chaque fois. La couverture est toujours aussi jolie, même si j'aimerai qu'on m'explique pourquoi elle n'a pas des bandages partout étant donné que du début à la fin de ce tome, elle n'arrête pas de se faire esquinter? J'aimerais aussi qu'on m'explique le titre (français ET anglais, je regarde toujours le titre original avant de critiquer un titre) parce qu'à part une vulgaire référence au nom du méchant, il ne représente pas du tout l'interieur du livre. 

Bref, à lire si on aime la série, juste pour retrouver les personnages et l'univers. Nottons néanmoins que c'est toujours un livre sans harem et que ça, c'est le bien. (Adaaaammmmmm *_____*)

Note: 14,5/20 (désolé, mais avec moi, le scénario, ça pardonne pas)

2 novembre 2013

Anansi Boys - Neil Gaiman

 

 

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Date de sortie:

septembre 2005

Pourquoi ce livre ?

Vous le savez depuis la chronique sur Neverwhere, Neil Gaiman fait maintenant partie de mes auteurs favoris -ou, au minimum, des auteurs que je surveille de très près.

Il y a un an environ, c'est donc avec enthousiasme que je me suis mise à lire American Gods, encensé par la critique et lauréat du prix Hugo.

Et là, stupeur : je retrouvai bien la patte de Neil Gaiman, mais tout me semblait tellement plus noir, plus glauque et plus vulgaire que j'en suis restée sur le...derrière, oui nous sommes sur un respectable blog de critiques littéraires alors je chatie mon language. N'ayant pas besoin de me déprimer encore plus, j'ai donc renoncé au tiers du livre et suis allée le rapporter, pensant lui donner une deuxième chance plus tard, à un autre moment, quand j'aurai en moi assez de réserve de guimauve, d'arc-en-ciel et de petits poneys pour affronter le côté sordide du bouquin.

Je suis récemment tombée sur Anansi Boys, qui avait le double avantage 1)de ne pas avoir été lu par moi 2)de se dérouler dans le même univers qu'American Gods, c'est à dire dans notre monde, où se baladent incognito les dieux des temps anciens et modernes.

Quoi de mieux pour me redonner envie de lire American Gods ?

Le résumé:"Si on devait définir Anansi Boys, ce serait une épopée magico-horrifico thrillo-fantastico familiale, même si cela exclut son côté polar et tout son aspect culinaire. Bref, c'est un livre de moi. Et je me suis vraiment amusé en l'écrivant. " Neil Gaiman.
Le père de Gros Charlie n'était pas ordinaire : il était Anansi, le Dieu Araignée, l'esprit de rébellion, un dieu filou capable de renverser l'ordre social, de créer une fortune à partir de rien et de défier le diable... Un héritage bien encombrant ! Une mythologie moderne où l'on trouve une sombre prophétie, des désordres familiaux, des déceptions mystiques, et des oiseaux tueur. Sans oublier un citron vert.

Le scenario

Original, un peu chaotique et la magie permet des raccourcis scénaristiques incroyables : mais rien qui ne nuise à l'intrigue.Tout événement a sa place et a été soigneusement pensé.

Les personnages

Anansi Boys prend place dans l'univers décrit précedemment dans American Gods : notre monde, malgré les technologies, est peuplé de dieux, certains vieux comme le monde et d'autres nés des nouvelles croyances. Ici, ce sont les contes africains qui sont à l'honneur. Anansi, le dieu araignée, est en quelque sorte le pendant de Coyote chez les indiens : chanceux, roublard, malicieux et adorant faire les choses au dépend des autres. Le livre suit Charles, dit Gros Charlie, fils d'Anansi et complètement ignorant du statut divin de son père, jusqu'au jour où il apprend la mort de celui-ci...

N'y allons pas par quatre chemins : les personnages de Neil Gaiman sont forcément tous bons. En recourant à très peu de description, il arrive à les définir chacun par leurs actes, leurs pensées, leurs paroles. Que ce soit le patron de Charles, Rosie sa jeune fiancée, les trois mamies rebouteuses tout droit sorties du bayou ou une ex-starlette de la télévision, tous les personnages secondaires ont une véritable présence et participent à l'intrigue.

Le style/l'auteur

Neil Gaiman a une sacrée dose de talent. Celui de pondre des histoires à nulle autre pareilles. C'est un conteur né. Celui de manier l'humour avec un petit peu plus de folie que les Anglais et un petit peu plus de flegme que les Americains.

Gaiman arrive à meler habilement des situations quotidiennes au récit de légendes. Lorsqu'il en vient aux légendes justement, cette façon merveilleuse et à la fois très primale de raconter, pleine de symboles, est proche de la tradition orale. Quand je lis la visite spirituelle de Charles avec les anciens dieux, j'ai l'impression d'écouter un vieux conteur africain. Même si, je l'avoue, je n'ai pas beaucoup l'habitude des vieux conteurs africains....Gaiman célèbre à sa manière le pouvoir des mots, le pouvoir du chant, et donc il est légitime de penser qu'il rend hommage à ces très anciennes traditions à travers son livre.

J'ai donc retrouvé, en beaucoup plus puissant et adapté à la mythologie africaine/caribéenne, ce qui faisait déjà la bizarrerie de certains passages de Neverwhere (que je tairais pour ne pas spoiler).

Sans oublier, bien évidemment, une bonne dose d'humour.

Bref

Du pur Gaiman. M'a réconcilié avec l'univers d'American Gods. Je considère donc que ce livre comme une vraie réussite, surtout au vu du thème : autant je m'y retrouve en mythologies égyptienne, grecque, romaine, celtique et arthurienne, voire même amérindienne....autant en mythologie ouest africaine, je n'y connais que pouic. Notez également que je suis arachnophobe, mais ça ne m'a pas empêchée d'avoir beaucoup de sympathie pour les rejetons d'Anansi (sacré Gaiman!)

Note

17/20

 

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1 novembre 2013

Ileana I, Exil en pays humain - Isabelle Meyer

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Date de sortie: 2008

Pourquoi ce livre?

Avant tout parce que la couverture est illustrée par une dessinatrice que j'aime beaucoup et à qui l'on doit la BD "Nanami" : Nauriel.

D'une autre part, parce que ça parle de fées, ce qui me change un peu de mes habituels magiciens et dragons.
Le thême des fées, ou des faes a déja commençé à se faire une place dans la litterature, particulierement dans le milieu de la bit lit où il essaie de sortir du lot des vampires et loups garous, mais malheureusement il est teinté d'un côté sexuel trés marqué, ce que je savais ne pas retrouver dans ce livre pour les dix ans et plus. 

Le résumé (site officiel

Afin d'échapper à la horde armée qui a détruit sa cité et enlevé ses parents, Ileana, une jeune fée, cherche refuge dans le monde des humains, où elle se fait passer pour une adolescente comme les autres.
Le retour dans son pays s'avérant plus difficile que prévu, elle devra compter sur l'aide de Claire et Benoît, ses amis du foyer, et sur celle d'un vieux libraire qui semble en savoir long sur le monde d'où elle vient...

Le scenario

L'histoire commence dans le vif du sujet et l'héroïne est jeté plus ou moins de force à travers un portail. Au cours de ce début on apprend doucement qui elle est et pourquoi elle est là (ce qui est trés agréable aprés "les chevaliers d'emeraude"...). Le rythme est ensuite changeant, on a des moments d'actions, puis des trous, et le passage du temps est de même fluctuant, faisant parfois des ellypses de plusieurs semaines, mais ce n'est pas trés gênant dans le fait que ça représente bien la vie de Illeana au foyer. La réflexion sur son problème est assez bien menée même si elle est lente vers le début et on a même droit en bonus à une histoire d'amour naissante. 
Je n'ai donc rien à dire sur le scenario qui est maitrisé, avec des informations distillées petit à petit et de l'action qui laisse une belle part aux sentiments d'amitié et d'amour. 

Les personnages

On pourrait tiquer un peu sur Ileana car elle est un peu trop parfaite, mais est ce le facteur fée? Est ce le fait que ça ne paraisse pas avec arrogance dans le texte comme avec "Tara Duncan"? Mais c'est trés bien passé avec moi. Néanmoins je regrette un peu l'abondance de pouvoir dont l'auteur a doté ses fées, certains dons n'étaient pas nécessaire à l'histoire. 
Passons aux autres personnages: trois sont bien détaillés, les autres, généralement les adultes, sont gentiment esquissés. Je trouve que ceux qui sont décrits, à savoir les jumeaux et Stan, le sont avec finesse et intelligence, même si les deux garçons ont parfois un comportement un peu caricatural, on peut mettre ça sur le compte de leurs âges.
Mon personnage préféré est probablement Claire, la jumelle de Benoït, douce, responsable et sensible, qui semble assumé le rôle de voix de la raison dans sa fratrie, ce qui n'est pas toujours sans peine avec son frère. Mais on sent qu'il y a derriere une peur horrible d'être abandonnée par les gens qu'elle aime. 

Le style/L'auteur

Ah quelle bouffée d'air pur aprés "les Chevaliers d'Emeraude" ! (Moi je le dis, les écrivains ne sont VRAIMENT PAS reconnu à leurs vraies valeurs...), un style sans lourdeur, joyeux et fluide comme je les aime, avec un bon équilibre entre description, action et sentiments. 

Le vocabulaire est riche et certains termes peuvent être difficile à comprendre ou à lire, c'est pourquoi je conseillerais ce livre à partir du collège ou avant dans le cas d'un enfant bien éveillé et habitué à lire. Et comme le livre n'est pas un gros pavé (sans être pour autant un fascicule), je pense qu'il peut être une bonne lecture pour un adolescent qui n'est pas habitué à lire. 

Le mot de la fin

Une bonne découverte, une couverture splendide (on dira ce qu'on veut, ça rajoute au confort de lecture!) et une nouvelle série à suivre, donc.

Note: 14,5/20 (bon livre, manque juste une pointe de transcendance pour se hisser plus haut et une Ileana moins parfaite.) 

30 octobre 2013

Les Chevaliers d'Emeraude, tome 1: Le feu dans le ciel - Anne Robillard

CHEVALIERS TOME 1

Date de sortie: décembre 2007

Pourquoi ce livre ?

Quelqu'un me l'avait "vendu" comme étant super, mais je sais plus qui, heureusement pour cette personne d'ailleurs... Bien que pour être honnête, j'avais eu envie de tenter cette série.

Je vais là aussi donner mon avis directement: je n'ai pas aimé. Ce qui m'a fait me poser des questions. 

D'abord, je sais pas si c'est l'effet lire deux livres ennuyeux à la suite, mais je me suis demandée si je n'étais pas trop difficile. Pour me convaincre du contraire, j'ai commencé un autre livre et là je n'ai eu aucun problème avec la lecture. Ce qui m'a un peu rassuré. 

Deuxièmement, quand vous entendez dire par tout le monde qu'un livre est formidable (que votre 4eme de couverture vous assure que l'auteur est acclamée comme la JK Rowling québécoise....)  mais que vous, vous avez envie de vous endormir dessus, vous vous demandez si il y a pas un truc qui cloche chez vous. Mais ouf! J'ai trouvé, en fouillant un peu, des critiques qui corroboraient mon avis (mais il est curieux que tous les premiers résultats en terme de critique sur google soit dithyrambique .. mmm?).

Bref, ouf, je ne suis pas bizarre.

Néanmoins je tiens à dire qu'il est possible que les jeunes garçons aiment ce livre.

Autre chose à préciser: d'habitude je tiens à lire le livre en entier pour faire ma critique. Là j'ai tenu jusqu'à la moitié et comme ce livre est à la bibliothèque, il est temps pour moi de le rendre pour qu'il aille ennuyer quelqu'un d'autre.

 

Le résumé (site officiel )  

L'Empereur Noir, Amecareth, a levé ses armées monstrueuses pour envahir les royaumes du continent d'Endikiev. Bientôt, la terre de Shola subit les attaques féroces des sinistres dragons et des impitoyables hommes-insectes. Pourquoi les troupes d'Amecareth reviennent-elles sur le continent après des siècles de paix pour mettre à feu et à sang le royaume glacé de Shola ? Les sept Chevaliers d'émeraude - six hommes et une femme - sont les seuls à pouvoir percer ce mystère, inverser le destin et repousser les forces du mal. Leur quête périlleuse commence alors. Ils devront pour cela accomplir l'étrange prophétie qui lie Kira, une petite fille de 2 ans, au sort du monde... 

Le scenario

Le titre ment pas, c'est une histoire de chevaliers. Je ne l'est pas lu jusqu'au bout, mais une partie du roman se concentre sur l'histoire passé des chevaliers d'émeraude et de la fondation de l'ordre (et j'ai trouvé ça assez indigeste), puis sur l'arrivée de Kira (ma foi, la seule partie intéressante  et puis sur la mission des chevaliers (et c'est là qu'on se met à bailler). Bref, c'est pas particulièrement passionnant. Plutôt que de nous faire entrer directement dans l'action, l'auteur tient apparemment à nous faire connaitre et toute l'histoire passée de son monde, et sa géographie par coeur plutôt que de distiller les informations à bon escient. Résultat, en se souvient pas de la moitié, et désolé, mais on s'en moque éperdument, et en plus elle nous gâche tout le suspens.

Et pour ma part, j'ai trouvé que l'histoire et la géographie de son monde ressemble à celle faite par un enfant de 8 ans. On dirait qu'il s'est passé qu'une seule chose dans l'histoire, la géopolitique est à mourir de rire (yeh! On va tous obéir comme des gentils toutous au roi Emeraude!) et les pays sont des espèces de patchwork accolé les uns aux autres  et semblent faire la taille d'une région.  

Parmi tout ça, seul l'histoire de Kira est intéressante même si on peut s’interroger sur: comment a t-elle eu ce physique de chat quand on sait qui sont ses deux parents? Et là on passe à la partie suivante...

Les personnages

Le monde est beau, le monde est gentil, je prédis une carrière de Mary Sue à Kira (Mary Sue= personnage féminin mieux que tout le monde, terme utilisé dans les fanfictions) et Wellan, qui semble plus ou moins être le héros, est un parfais Gary Stu ( pareil que Mary Sue mais en version masculine) et un Gary Stu ennuyeux qui plus est. 

Wellan est le chevalier le mieux détaillé et on sait qu'il est fort, intelligent, qu'il aurait pu être roi mais qu'il a laissé gentiment sa place à son petit frère tout faible et qu'il est le meilleur chevalier. Bon, d'accord, il a quelques petits défauts, mais ses compagnons les lui pardonnent.

Ses compagnons sont décrits à la pistolenas sous quelques traits et comme ils sont sept ou six je sais plus, bein on oublie vite leurs noms et leurs caractère, à part la seule fille du lot, mais bon... Ils sont un peu mieux décrit par la suite car on les suit dans des quêtes différentes, mais bon, je les ais trouvés fade et on a rien pour s'accrocher à eux. 

Ce qui m'amène au point suivant. (Tout en évitant de parler des personnages secondaires ô combien stéréotypés...)

Le style/l'auteur

L'auteur a un style plat et descriptif. Il me manque énormément le côté omniscient qui permet de connaitre les sentiments des personnages, leurs pensées. Et puis c'est horriblement sérieux, ça manque d'humour. Le problème c'est que le style d'écriture ne nous permet pas d'entrer dans un récit angoissant ou exaltant  qui pourraient se passer d'humour, non, là, on a presque l'impression de lire un livre d'histoire. 

Alors non, Anne Robillard au vu de ce tome ne mérite absolument pas le titre de "JK Rowling",

S'il y en a qui aiment, je les soupçonne d'être jeunes (ce qui me vaut la contre-classification de ce livre en jeunesse plutôt qu'en SF contrairement à la médiathèque où je travaille) et d'être en majorités des garçons (ça ils aiment bien les quêtes avec des chevaliers héroïques).

Le mot de la fin

Je ne lirais pas la suite! (Ca vous étonne, hein?) Je me rend compte que je n'ai même pas signalé de point positif dans cette critique... Ne soyons pas mauvaise, c'est correctement écrit, ça manque juste de style! (ce qui à mes yeux sépare l'écrivain lambda du magicien des mots)

Note: 5/20 (désolé, l'écriture en elle même est moyenne et mériterait un 10, mais l'univers créé est tellement mauvais que je peux pas mettre cette note. Cela me désole horriblement de noter aussi sévèrement un écrivain quel qu’il soit) . 

[EDIT: Ma mère a aimé, donc il y a probablement des adultes qui le peuvent... ]

20 octobre 2013

Les Voleurs de Manhattan - Adam Langer

vol

 

Date de sortie: 2012

Pourquoi ce livre ?

Je cherchais un roman se déroulant à New York, mais pas un roman policier (les seuls policiers que j'ai lu ces dernières années sont ceux de Fred Vargas, et ça m'a amplement suffi. Je me lasse vite de ce genre).

 

Le résumé: (éditions Gallmeister)

Jusqu'où un jeune auteur ira-t-il pour être publié ? Fatigué d'être le laissé pour compte des soirées littéraires new-yorkaises, rêvant de la rencontre qui lancerait enfin sa carrière, Ian Minot est prêt à renoncer à tous ses principes. "Pour publier, il faut d’abord être connu" lui annonce Roth, ex-éditeur désabusé qui l'entraîne dans une arnaque littéraire de haute volée. À quatre mains, ils deviennent les auteurs d’une pseudo autobiographie où il est question de bibliothèque incendiée, de voleurs de manuscrits rares et de l’unique exemplaire du Dit-du Genji. Mais jamais Ian n'aurait pu imaginer que s'approprier ce récit l'entraînerait dans un monde où faux-semblants et vrais voyous feraient de lui un héros de série noire.

Le scenario

Le livre est découpé en trois parties, trois époques où le narrateur se comporte differemment : ne faisant globalement que subir au début, il prend de plus en plus le contrôle de sa vie à mesure que les chapitres passent.Les grandes lignes du scénario sont à mon avis prévisibles avec un tant soit peu de jugeote, mais ça n'enlève rien au plaisir de la lecture.

En un mot, le scénario est astucieux et efficace.

 

Les personnages

Tous rendus très agréables par le style de l'auteur. On pense les cerner, et en même temps on se demande sans arrêt quelles vont être leurs intentions. Les deux personnages féminins centraux ne sont pas trop caricaturaux, et je n'arrive pas à savoir quel personnage à ma préférence. Quelque part, je pense à Roth ; et en même temps j'ai du mal à ne pas me sentir solidaire d'Ian.

Le style/l'auteur

 Je ne m'aventure que très rarement à lire des livres non catégorisés comme celui ci, ou comme ceux d'Anna Gavalda ou de Marc Lévy. J'évite comme la peste ce qui est ainsi maladroitement estampillé « Drame », sans aucune autre indication, qu'il s'agisse de livres ou de films. En général, le label « drame », c'est l'assurance d'un truc mou, absolument pas divertissant, fade et dépourvu d'humour, de génie ou d'exubérance : en gros, c'est plat comme la vie de tous les jours (et encore, j'arrive à rendre la mienne un peu plus rigolote). C'est en grande partie pour cela que je me suis tournée très tot vers la fantasy ou la SF. Bien que ces deux genres soient de vrais champs de mines, ils ont au moins le mérite de faire un effort et de laisser cette satanée vie de tous les jours là où elle est.

 Les Voleurs de Manhattan, je le mettrai finalement dans le rayon polar, mais il commence comme un bouquin du fameux genre « drame » : un jeune américain nous raconte sa vie, ses amours avec une écrivain plus talentueuse que lui et son boulot dans une cafétéria alors qu'il essaie de vendre ses nouvelles aux éditeurs new yorkais qui finissent tot ou tard par refuser.

 Ça pourrait être chiant comme la brume, mais le style de narration d'Adam Langer m'a agréablement surprise et arrive à trouver un juste milieu entre les platitudes de la vie quotidienne et le romanesque. J'ai dévoré le bouquin d'une traite. Ian le personnage principal arrive à être sympathique, ce qui est déjà en soi un petit miracle, et l'intrigue se construit efficacement sur un nombre restreints de personnages secondaires : l'employeur, la barmaid, Anya la copine bulgare (ou roumaine je sais plus), le mystérieux Homme Elegant...

 Ce livre est à la fois un coup de gueule contre le milieu fermé et népotique de l'édition, un hommage aux romans noirs des années 30 et 50 (avec un vobulaire précieux parfois emprunté aux cercles littéraites, parfois aux romans policiers, mais toujours de façon consciente, comme si l'auteur se moquait gentiment de lui meme), et dans une certaine mesure une habile autobiographie dans laquelle les jeunes auteurs en galère reconnaitront leurs hauts et leurs bas (enfin surtout leurs bas). Ajoutez à ça une pointe de folie qui commence à s'installer au milieu du livre et vous avez un magnifique cocktail où fiction et réalité se rejoignent, un cocktail qu'on a envie de boire jusqu'au bout !

 

Bref

Bons personnages, intrigue cool, petit aperçu du milieu sans pitié de l'édition, humour et rebondissements : je recommande ce livre. Bien qu'il n'y ait finalement pas grand chose à se mettre sous la dent en ce qui concerne New York elle meme : le roman pourrait se situer ailleurs, l'histoire n'est serait pas beaucoup changée. Bonne fin, bon dénouement.

 Note 16,5/20

 

20 octobre 2013

Dôme, tome 1 - Stephen King

dome

 

Date de sortie:

mars 2013

 

Pourquoi ce livre ?

 Parce que je n'avais rien à lire, aucune bibliothèque à la ronde, et une furieuse envie de commencer un roman fantastico-horrifique. J'ai choisi une valeur sure : Stephen King. Je n'ai lu que « Le Sang du Dragon » de cet illustre auteur, un roman assez particulier car se déroulant dans un univers de fantasy pure (et pas de fantasy-science fiction-post apo comme dans La Tour Sombre, beaucoup trop cauchemardesque pour moi) alors que King choisit plutot le quotidien d'une petite ville d'Amérique comme point de départ de ses intrigues. Par ailleurs, qui ne connait pas « Ca » (une grande partie de ma sympathie pour l'auteur vient du fait qu'il a su parfaitement épinglé ma phobie des clowns) ou les « Tommyknockers », tous deux adaptés à la télé ? Ou « Dolores Clayborne », ou « The Mist », ou encore mieux « Shining » (je n'ai pas vu le film entier, mais j'ai longtemps eu les chocottes dans un hotel après ça) ?

 

Le résumé:

 (résumé Livre de Poche)

Un matin d’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand – ou si – il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Jim Rennie, premier adjoint de Chester Mill, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran d’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…

 

Le scenario

 Je ne peux pas en dire grand chose, je me suis arrêtée au 3eme chapitre. Je suis certaine que l'intrigue regorge de secrets familiaux et de cadavres dans le placard (littéralement), mis en lumière par la survenue d'évenements fantastiques.

 

Les personnages

 Hum. Difficile de me prononcer. Les personnages de King sont rarement faits pour être appréciés de toute façon, et cela fait partie de son talent. Je dirai donc que les personnages du roman me font le même effet que les jeux de société policiers : on les regarde évoluer dans un lieu clos, et dans le lot il y en a qu'on haït plus que d'autres.

 

Le style/l'auteur

 C'est là que le bât blesse. Je connaissais pourtant le style de Stephen King, même après « Le Sang du Dragon » qui n'est pourtant pas représentatif de la majorité de son œuvre. Je connaissais sa propention à faire survenir des scènes horribles au milieu de la banalité la plus crasse. Et en toute franchise, en achetant « Dome » je m'attendais à quelque chose dans la veine de « The Myst ». J'adore le brouillard comme je le crains, et les quelques scènes de l'adaptation TV m'avaient donné de délicieuses sueurs froides.

Seulement. Là où le brouillard s'insinue avec sournoisie et permet à la tension et à l'horreur de monter par paliers, dans Dome...et bien paf ! On se retrouve dès les premières pages avec du sang sur les murs. Le Dome d'installe de façon très soudaine et coupe en deux tout ce qui a le malheur de se trouver sur son tracé. Voilà voilà. Je vous laisse imaginer le tableau...ajoutez à ça une scène de meurtre autant inexplicable que sauvage, et vous vous retrouvez avec une Lady Lantern un peu dégoûtée et très contrariée. Pourquoi ? Autant le meurtre aura peut être son explication (et encore, il est vraiment malsain), autant le reste c'est de la violence gratuite. King aurait pu s'en passer sans nuire ni à l'intrigue ni au suspense. Quel interêt de décrire par le menu le résultat d'un crash aérien ? De décrire des membres déchiquetés un peu partout...dès la 3EME PAGE ? Réponse : aucun. King a sans doute voulu trancher (ahah, blague pas drôle) avec le reste de ses œuvres et utiliser un début percutant, mais avec moi ça n'a pas marché.

A part ça, la couverture est très bien, mais si c'était pas le cas on commencerait à désespérer du milieu de l'édition.

 

 Bref

Comme on dit dans la vie courante « ça m'a gonflée ». Peut être n'étais-je pas dans l'humeur adéquate pour ça, mais je n'ai pas pu continuer au delà du 3eme chapitre, rebutée par tant de barbarie gratuite. Bon en même temps, j'avoue que j'étais en train de manger un bout de steak à ce moment là, donc ça a un peu bousculé mon appétit, si je puis dire...et on bouscule pas mon appétit sans en subir les funestes conséquences : le livre a fini sa course sur la plus haute étagère de ma chambre après un tir rageur. Rah. Non mais.

Peut être lui donnerai-je une seconde chance, ou peut être le revendrai-je pour acheter « The Mist » à la place.

 

Note

7/20

 

17 octobre 2013

Si c'était à refaire - Marc Levy

Date de sortie: avril 2012si cetait a refaire

Pourquoi ce livre ? 

2 raisons:

-J'étais toujours coincée chez mon père et j'avais lu tout ce que j'avais amené.
-Je me suis dit que ce serait bien de voir ce que vaut un livre d'un de ces auteurs ultra productif et ultra lu ("vendus à plus de 24 millions d'exemplaires" dit la 4eme de couverture!) que les dames de la quarentaine attendent avec impatience à la mediathèque (bon... Plus Musso que Levy.).

Et je vais être franche dés le départ: je n'ai pas aimé du tout, je butais sur la lecture, je me fichais de savoir la suite, du coup j'ai mis un temps immense à le lire ce foutu bouquin! 

Le résumé (site editeur)

Entre suspense et passion, une histoire à couper le souffle.

Andrew Stilman, grand reporter au New York Times, vient de se marier.

Le 9 juillet 2012 au matin, il court le long de l'Hudson River quand il est soudainement agressé. Une douleur fulgurante lui transperce le dos, il s'effondre dans une mare de sang.

Andrew reprend connaissance le 9 mai 2012... Deux mois plus tôt, deux mois avant son mariage.

À compter de cette minute, il a soixante jours pour découvrir son assassin, soixante jours pour déjouer le destin.

De New York à Buenos Aires, il est précipité dans un engrenage vertigineux. Une course contre la montre, entre suspense et passion, jusqu'au dénouement... à couper le souffle.

Le scenario

Vous ne trouvez pas déja que ce résumé sent à la surenchère? On croirait lire le résumé d'un film. Alors moi je vais vous le dire: je n'ai trouvé ni suspens (je me suis, pour parler poliement, ennuyé tout au long de ce livre...), ni passion (et d'ailleurs je n'ai jamais lu un livre où les moments romantiques étaient aussi plats...). 

Mais pour parler plus specifiquement du scenario (je réaborderais le manque de passion et de suspens plus tard), ce qui pose un soucis c'est que l'auteur n'a pas sû choisir son fil conducteur et qu'il s'est éparpillé. En gros, on a deux fils conducteurs, qui se rejoignent, certe, à un moment, mais il n'empêche qu'il est difficile de suivre deux fils à la fois, ce qui fait que cette histoire de deuxieme vie... en fait passe pour inutile car on en vient à l'oublier et elle ne change pas vraiment quoique ce soit à l'histoire. 
Ce qui fait qu'on a toute une premiere partie, mais chiiaaannnte/ Désolé, mais le mot "ennuyer" est trop faible/ car l'enquête n'a pas encore commençé et on ne voit pas où l'auteur veut en venir. 

Là, un nouveau problème: la motié du livre se concentre sur une espece d'enquête, et somme toute, c'est le plus interessant, bien que le côté romanesque de l'histoire fasse perdre toute crédibilité aux évènements historiques qui sont décrits (d'ailleurs je ne sais même pas si ce qu'il raconte est vrai au final...). Alors POURQUOI avoir fait du personnage principal un journaliste? Puisque l'auteur semble s'être plus investi dans cette histoire d'Argentine, autant en faire un inspecteur ou un policier. 
Car à cause de ça, il noit son histoire sur des reflexions un peu vaseuse de réactions que des articles peuvent avoir sur la vie des gens. 

Bref, il a voulu parler de trop de choses, il a de plus décribilisé le tout avec des scènes improbables, parfois même stupide (genre le meilleur ami qui s'improvise détective privé et qui se cache derriere une plante verte... Comme on dit nous les jeunes: WTF!!!!) et la fin est aussi dans le genre bien nulle, avec un rebondissement aussi "attendu" que dans la fin de Hunger Games où le présentateur annonce que la règle de finir le jeu à deux est annulé et qu'ils doivent s'entretuer... 

Les personnages

Je les ais trouvés un brin caricatural, que ce soit le collègue jaloux, le meilleur ami ou la petite ami plan plan. Le héros, j'ai eu envie de le jeter du haut d'un précipice, parce que déja, c'est un personnage sans ampleur, et qu'en plus il a des comportements plutôt bizarre pour un homme qui va se marier. Genre se faire la barman qui l'aide alors qu'il est censé être concentré sur sa mission (une autre scene FANTASTIQUE où ils se réveillent en se demandant si pendant qu'ils s'amusaient comme des idiots, ils auraient pas laissé passer leur cible...). 

Le style/L'auteur

Tiens d'ailleurs, puisqu'on parle de scene de sexe, pourquoi ne pas les avoir décrites? Tant qu'à dire que l'héros prend son pied, autant nous permettre de le prendre aussi, sinon ça sert à RIEN, autant dire qu'il est allé se coucher. 
Comme je l'ai dit, j'ai vainement cherché la passion dans ce livre: l'auteur a un style TRES épuré, qui fait qu'il ne décrit quasimment rien! Il ne décrit pas le lieu de l'action et il décrit encore moins les sentiments du personnage, ou alors il croit qu'il le fait et il se gourre totalement. Du coup l'héros passe pour un être insensible malgrés ces "je m'en veux" a son meilleur ami qui nous donne envie de l'assomer avec un parpaing (PITIE, dites moi que les hommes ne sont pas encore ça, je lis quasimment que des histoires écrites par des femmes, alors là, pour une fois que je lis un truc écrit par un homme, on se retrouve avec un con égoiste sur les bras -oh le merveilleux (retranscrit de mémoire) "si elle n'était pas a femme de ma vie, ça veut dire que je n'étais pas l'homme de la sienne" <- justification égoiste de mec qui vient de quitter sa femme pendant la nuit de noce. YEH! Trop bien !).

Bref, il y a un autre soucis que pose ce style dépouillé: l'action se passe à New York ou en Argentine, il nous balance des noms de rues, de routes, de villages: ok mon petit, mais nous on y est jamais allé! Comment on fait pour planter un décor si tu nous aide pas en décrivant un minimum l'endroit??? Dans ma tête, à chaque fois qu'il parlait d'un village en Argentine, je m'imaginais un village de France dans la montagne avec des papis et des mamis devant leur maison, en train de boire un verre d'eau à une table! C'est tellement exotique! 

Le mot de la fin

Maintenant je le saurais, la pub sur les livres, ça marche comme pour les films: ça sert à surélever le niveau d'un truc qui pourrait pas se vendre par lui même. Mais la spirale est lancée, maintenant que le bandeau publicitaire y est, chaque fois que quelqu'un prendra un de ces livres et le lira il se dira "bah si 24 millions de personnes ont acheté du Levy, c'est que ça doit être bien". Et ça augmentera le nombre de livre acheté, c'est comme sur Facebook, c'est le systeme "moutons": les autres ont aimé, alors je pourrais aimer. Mais ça c'est pas grave, d'une certaine façon, tout le monde est comme ça, on se fie au jugement des autres. 

(Par contre c'est plus grave quand on se dit "les autres ont aimés, alors moi aussi j'aime forcemment", là c'est qu'on a pas d'avis et pas de personnalité.)

Le fin mot de tout ça, c'est qu'on le savait, on peut écrire sur tout et n'importe quoi, mais ça ne veut pas dire que c'est forcemment bon. Pour ma part j'ai été déçu qu'un auteur aussi connu se révèle aussi maladroit dans la construction de son récit. Je ne lirais certainement pas ses autres romans. 

Note: 7/20 (Si c'était à refaire, je ne lirais pas à nouveau ce livre !)

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